SAMIA

Bonjour, je m’appelle Samia, je suis modéliste. Après des études de mode en Nouvelle-Zélande, j’ai posé mes valises en France où j’ai roulé ma bosse dans le prêt-à-porter de luxe pendant près de vingt ans. Je vis actuellement à Paris avec ma famille, qui se compose d’un mari, d’une petite chipie, de deux chats et d’un chien (oui, nous aimons les animaux). En raison d’un rythme de vie effréné et autres raisons personnelles, je suis devenue maman sur le tard, trente sept ans pour être précise. Quand Charlie a eu trois ans j’ai réalisé à quel point nos relations étaient distantes. Je quittais la maison juste après son réveil et rentrais à peine une demi-heure avant son coucher. Sans parler des périodes de collection, où je ne la voyais que le weekend, et encore. Bref, je vivais une maternité extrêmement épanouissante!

Au fur et à mesure que les choses empiraient au travail -ventes en berne, ambiance et conditions de travail pourries, les dirigeants qui se refilaient la patate chaude sans arrêt…- j’ai compris qu’il était temps pour moi de raccrocher mon mètre ruban. Non pas pour faire comme d’habitude et intégrer une autre maison avec ses propres névroses, mais tirer ma révérence une bonne fois pour toute. Et enfin passer du temps avec mon bébé. J’ai mis du temps à m’habituer à l’idée, tant de questions tourbillonnaient dans ma tête. Comment serait ma vie sans le stress des éternelles “urgences mode”? Sans ces supérieurs hystériques et mégalos qui ont tant alimenté les conversations lors de repas entre amis? Allais-je continuer à porter des talons? Allais-je continuer à me maquiller? J’avais travaillé en freelance quelques années auparavant et autant dire que l’aspect vestimentaire n’était pas une priorité. Me trouver à trois heures de l’après-midi travaillant sur une robe pour Heidi Klum, en pyjamas, pas coiffée, et, bien sûr, pas douchée, était pas mal la norme. Un des points positifs d’avoir un enfant est qu’il faut l’emmener à l’école chaque matin. Et même si on n’est pas toujours douchée (n’est-ce pas mesdames..), au moins on est levée et habillée. Bref. J’ai fini par négocier une rupture conventionnelle. Restait maintenant à trouver l’idée géniale qui me permettrait de gagner ma vie en travaillant de la maison tout en restant dans mon domaine.

Après une année de brainstorming, j’ai décidé de me lancer dans la vente de patrons couture. Après tout, c’est ce que j’aime faire, et c’est le métier qui m’a permis de gagner ma vie pendant vingt ans. Puisque je fais aussi des patrons de tricot, ça me paraissait évident de proposer les deux. D’où le nom “Sewing and Knitting Lab”.

Donc, bienvenue au SK Lab, j’espère que c’est le début d’une belle aventure. Je suis anxieuse et excitée à la fois. Pour l’instant je suis seule à tout gérer, et la masse de travail est énorme. Mais dès que j’aurai mon statut juridique, par ici petit stagiaire! Oui je sais j’ai honte…

Ecrit en Février 2016