Bon alors…

 

Deux ans depuis mon dernier post, wow.

Ces deux dernières années ont été une suite de belles grosses mouises en mode rafale.

Après m’être donné tant de mal à faire un site tout beau tout neuf et m’être formée toute seule à in-Design, illustrator et Photoshop, ce que je pensais allait être une courte pause pour le déménagement de Paris à Douarnenez a en fait été le début des emmerdes, et depuis ça n’arrête pas.

Tout a commencé avec deux personnes très proches atteintes de cancers, l’une d’elle étant ma mère. Les deux sont maintenant dans le vert mais ça a été une période extrêmement stressante, apprendre la nouvelle, ne pas savoir s’ils vont s’en sortir, et devoir rester positif face à la panique générale.

Au même moment on emménageait dans une maison qu’on venait de rénover mais qui demandait encore un boulot titanesque. Je n’étais pas du tout préparée, ça a été un choc autant pour le moral que pour le porte-monnaie. Il est malheureusement impossible pour moi d’aligner deux pensées dans un endroit désordonné, sale et poussiéreux, l’état de quasiment toute la maison ces deux dernières années. On a cependant bien avancé, même s’il reste encore pas mal de trucs à faire. On peut enfin faire un mouvement sans être recouvert de poussière. Et d’ailleurs l’autre conséquence terrible de vivre dans les travaux sur la durée c’est qu’on s’habille en leggings et en pulls polaires oversize et qu’on y prend gout!

Après la minute superficielle place à la dure réalité. Il y a un an ma mère a fait un AVC, un beau. Après le cancer, merci l’univers! Sans trop rentrer dans les détails, l’AVC a fait des dégâts irréparables, et le déclin en un an a été si fulgurant que j’en ai la tête qui tourne. Elle est maintenant atteinte de démence sénile, a perdu l’usage de son bras gauche, bien sûr elle est gauchère, et va devoir vivre dans une maison spécialisée pour le reste de sa vie. Du coup cette dernière année a été rythmée par des allers-retour en Nouvelle-Zélande, moi qui adore prendre l’avion… Des rendez-vous en tous genres avec les médecins, l’avocat, la comptable, les ouvriers pour l’entretien de sa maison etc. Tout ça au volant d’une Honda pourrie avec le volant à droite, l’angoisse! Je précise ici que Paris n’a pas le monopole des cons sur la route, Auckland est au même niveau, voire pire car les Néo-Zélandais ont la réputation d’être cool.

Lorsqu’on devient tuteur légal d’une personne on est pris dans un tel tourbillon de démarches administratives qu’on n’a pas le temps de digérer la situation ni de faire son deuil. Un deuil blanc c’est certain car ma mère est encore en vie, mais un deuil tout de même. Je suis maintenant la mère de ma mère. Son bien-être ainsi que ses biens sont sous mon entière responsabilité, je dois prendre des décisions parfois vitales de l’autre bout du monde sans être à 100% sûre de mon choix. Vous sentez la pression?  Moi qui ne m’étais jamais intéressée à mes relevés bancaires, un coup d’oeil rapide pour m’assurer que j’étais dans le vert et je rangeais. Maintenant c’est toujours pareil, en revanche je suis incollable sur les comptes de ma mère, ce qui rentre, sort, quand, comment… Qui fait quoi dans sa maison, l’eau, l’électricité, la tonte de la pelouse etc..  je suis un peu sa personal assistant, c’est un vrai temps plein.

Et puis au beau milieu de tout ça on en oublierait presque qu’on a sa propre vie, là, avec un mari, une fillette de sept ans, un chien, une maison à finir, une vie en France quoi! Ah les enfants, ils sont si doués pour nous rappeler qu’ils sont le centre du monde, que dis-je de l’univers. Quand je pense qu’il y a les enfants qui se font instinctivement tout petits quand ils voient leur parents galérer comme des galériens, oui deux fois ça marque bien le coup. Et puis il y a les autres.

Etre parent, je me doutais que ce serait un challenge mais j’avoue que ça dépasse parfois mon entendement. Comment gérer l’oscillation permanente entre pire cauchemar et bonheur fou? On y travaille, on y travaille..

Côté tricot, même si je suis absente des réseaux sociaux je n’arrête pas. Je fais surtout des choses simples. En ce moment je tricote une écharpe sur laquelle je vais tester une technique de macramé pour les franges.

Bref, je me suis dit qu’un petit post sur la situation destiné principalement aux quelques personnes qui m’ont contactée serait sympa. Bon c’est pas grand monde hein, et puis uniquement des anglophones, d’où le retard dans la traduction, mais quand-même. Devoir mettre mon projet entre parenthèses me rend très triste, mais je suis actuellement trop occupée à esquiver les upper-cut de la vie, oh que c’est beau! Ma charge mentale est à son maximum pour entreprendre quoique ce soit. Pourvu qu’une routine s’installe avec ma mère et que je pourrai bientôt reprendre ce beau projet.

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